Le projet Holcim Obourg, présenté comme l’un des plus ambitieux de Wallonie en matière de décarbonation, connaît un sérieux coup de frein. Face à de nombreuses incertitudes techniques, économiques et réglementaires, le groupe suisse a décidé de reporter sa décision d’investissement pour la seconde phase de son programme « Go4Zero », estimée entre 200 et 250 millions d’euros. Une décision lourde de conséquences pour ce site stratégique, qui produit jusqu’à 25 % du ciment belge et emploie près de 1 000 personnes.
Mon intervention au Parlement wallon
Si le projet Holcim Obourg n’est pas abandonné, ce report suscite des interrogations quant à la capacité de la Wallonie à offrir un cadre suffisamment clair pour permettre aux industriels de s’engager dans des investissements massifs. C’est dans ce contexte que j’ai interpellé la ministre wallonne de l’Énergie, Cécile Neven, afin de connaître la feuille de route du gouvernement pour lever les obstacles qui freinent aujourd’hui ce projet.
« On ne peut pas se passer de cet investissement important qui concilie à la fois développement économique, maintien des emplois et transition écologique. »
La réponse de la ministre de l’Énergie
Cécile Neven a assuré suivre le dossier de près : « Je suis évidemment extrêmement attentive à tous les projets qui s’inscrivent d’une manière ou d’une autre dans la chaîne de valeur de la capture de carbone, Holcim en faisant partie. Je connais le projet de Holcim qui est un très beau projet, et je comprends très bien que l’entreprise ait besoin de visibilité pour se lancer dans ce type d’investissement. »
La ministre a pointé une difficulté plus large : « On est devant une difficulté systémique. Il faut bien comprendre que, pour la capture de CO₂, on part en Wallonie de zéro et on doit construire toute une chaîne de valeur, des infrastructures de transport jusqu’aux terminaux portuaires. » Elle a également évoqué le rôle de Fluxys, désigné pour le transport du carbone, qui a besoin de visibilité sur le nombre d’émetteurs connectés au réseau, tant en Wallonie qu’en Flandre.
Sur le plan réglementaire, elle a défendu l’action du gouvernement : « On a vraiment travaillé à marche forcée pour la création du cadre légal, un décret et des arrêtés d’exécution sur le CO₂. La CWaPE, de son côté, a été très vite pour proposer une méthodologie tarifaire. »
Des discussions qui se poursuivent
La ministre a assuré que les discussions se poursuivent avec l’ensemble des parties prenantes, notamment les autorités flamandes : « On travaille pour lever tous les obstacles, et spécifiquement sur le de-risking, c’est-à-dire l’aspect financier qui va faire que le projet devient intéressant et rentable. Je peux vous assurer qu’on fera le maximum. »
Un enjeu social majeur
En conclusion, j’ai insisté sur l’enjeu social de ce dossier : « Il est très important d’avoir ce type d’investissement pour maintenir les industries. On parle souvent de réindustrialisation en Wallonie, mais il faudra d’abord travailler à garder les industries. Il y a 1 000 emplois derrière ce dossier. »
Pour justifier son coup de frein, Holcim évoquait l’absence de mécanisme d’atténuation des risques, estimant que continuer à investir en l’état « serait un vrai suicide ». La première phase du programme, représentant un investissement de quelque 500 millions d’euros, devrait quant à elle être opérationnelle dès le printemps 2027.
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